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Les littoraux, espaces attractifs

Littoral et tourisme : Sète, Cap d'Agde et le bassin de Thau
Les transformations d'une région rurale : le littoral du Pays de Caux
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Le Mont Saint-Michel

 

 
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par
Christophe
Clavel

Ministère de l'Education Nationale
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Les transformations d'une région rurale : le littoral du Pays de Caux
 

Extrait de la zone commentée
1:1 000 000, IGN, éd. 2000

Vue d'ensemble
 

Le Pays de Caux est une zone rurale qui a su préserver ses structures originales tout en renouvelant ses activités.

 

Plan de fiche

Le littoral du Pays de Caux
Un milieu rural original
Le développement industriel et touristique

 

 

Le littoral du Oays de Caux

 
Le plateau du Pays de Caux
 

Le plateau du Pays de Caux à Gerponville
Fécamp 1:50 000, IGN, éd. 1989
 

Le Pays de Caux est un plateau crayeux d'âge crétacé, tapissé d'argile à silex qui le rend partiellement imperméable.
Sa surface sommitale est relativement régulière, en pente douce vers la mer : 120-130 m au sud de la carte de Fécamp, 70-90 m sur le littoral, avec des variations notables.

 
Vallées et valleuses

 


La vallée de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

Le plateau est entaillé de nombreuses vallées qui présentent un encaissement d'environ 70m.
La direction générale correspond à une flexure NW-SE des terrains sédimentaires qui rend compte de la direction des cours d'eau sur l'ensemble du Pays de Caux.

 

La vallée de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

En arrivant sur le littoral, la partie inférieure des vallées a été supprimée par érosion régressive.
Les vallées sont devenues des valleuses, plus ou moins abruptes, plus ou moins creusées en fonction de la vitesse du recul des falaises qui a empêché le raccordement progressif au niveau de base.
Certaines abritent des villages, d'autres sont vides ; la plupart sont sèches et bénéficient d'une certaine immunité karstique.

 
Un littoral à falaise

 


La falaise à l'est de Penly
Dieppe - Eu 1:25 000, IGN, éd. 1999
 

La côte du Pays de Caux est une côte à falaises.
Taillées dans la craie, avec des bancs de silex intercalés, celles-ci ne sont pas spécialement résistantes à l'érosion marine, mais leur recul est généralement assez limité de nos jours.
Un platier rocheux et une plage de galets les protègent en effet des assauts quotidiens.
Seules les périodes de haute mer permettent à l'érosion mécanique de reprendre son efficace travail de sape : les galets, charriés par les vagues, sont redoutables pour la base de la falaise.

La côte porte le nom de Côte d'Albâtre, en raison de la blancheur des falaises de craie.

 

 

Un milieu rural original

 

Un habitat rural spécifique : la masure
 

Le Câtelet, Ancourteville-sur-Héricourt
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

Le Pays de Caux présente une forme d'habitat rural particulièrement originale : la "masure".
La masure est un enclos ceint d'un talus planté de hêtres ou d'arbustes ; l'enclos est une prairie complantée de pommiers à cidre ; les bâtiments d'exploitation s'éparpillent dans cette enceinte, comme on peut le distinguer sur l'extrait ci-contre.

Cette forme d'habitat rural est ancienne : il a été prouvé qu'elle était antérieur à la conquête normande (rappelons que cette conquête est sanctionnée par le traité de Saint-Clair-sur-Epte en 911) !
Elle se révèle aujourd'hui assez peu adapté aux exigences modernes de rentabilité, mais perdure obstinément.

 
La permanence des structures spatiales

 


Ouainville
Fécamp n°3-4 1:25 000, IGN, éd. 1960
 

Les structures spatiales du Pays de Caux font en effet preuve d'une certaine permanence, malgré les bouleversements profonds de ce dernier demi-siècle.
Le remembrement reste peu visible, même si le Pays de Caux est aujourd'hui un openfield à îlots bocagers.

 

Ouainville
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

Les bâtiments agricoles n'ont pas évolué en 30 ans ; les chemins d'exploitation n'ont subi que de légères retouches, sans doute liées au remembrement.
Remarquer l'allure d'openfield de terres environnantes (ne pas confondre les limites administratives avec des haies !) et les îlots bocagers (les "masures").

 
Une région agricole

 


Ancien moulin de la vallée de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

Comme l'indiquent les toponymes de "plaine" (plaine de Vaudreville, de Janville, de Longuemare...), les productions agricoles sont d'abord céréalières et le sont depuis longtemps, comme en témoigne cet ancien moulin, installé sur la Durdent en amont de Cany-Barville.

 

Minoterie de Robertot, vallée de la Durdent
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

Mais les productions céréalières continuent d'alimenter des moulins modernisés ainsi que plusieurs minoteries, comme celle-ci, située un peu en amont.
Noter la source captée, signe de la circulation karstique du plateau cauchoix, qui alimente une cressonnière.

 

Ancienne linerie des Basses Eaux.
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

A ces cultures céréalières, les paysans cauchoix ajoutent des cultures industrielles, en fonction du marché : lin, betterave à sucre, légumes, colza...
Le traitement du lin, encore actif en 1960 avec 4 établissements dans la vallée de la Durdent, n'est plus une activité de rapport aujourd'hui : les anciennes lineries, localisées sur le fleuve en raison de leurs besoins en eau, ont fermé, comme celle en amont de Grainville.
Une seule demeure.

 

Les serres de Vittefleur
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

Des activités plus rémunératrices se sont installées depuis 1960, surtout des cultures sous serre.
Noter les facteurs de localisation : proximité du fleuve pour l'approvisionnement en eau, proximité des routes pour l'approvisionnement en intrants et l'écoulement de la production, en fond de vallée pour éviter le plateau cauchoix, battu par les vents, qui entraînent des frais de chauffage supplémentaires.

 

Abattoirs et laiterie à Cany-Barville
Fécamp 1:50 000, IGN, éd. 1989
 

Mais les herbages conservent une partie importante de la surface agricole utile.
L'élevage laitier (voir laiterie ci-contre) est aujourd'hui complété par un élevage à viande (abattoirs sur la même zone).
La vache normande, symbole par excellence de la région, est fortement concurrencée par la Française-Frisonne-Pie-Noire.

 

Elevage à Janville
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

D'autres types d'élevage se sont développés ponctuellement, telle cette ferme, dont le bâtiment principal laisse penser à un élevage avicole en batterie.

 

Le Pays de Caux demeure une région rurale aux activités agricoles très développées.
Le maintien des fortes densités rurales constatées s'explique par cette agriculture intensive, mais aussi par la présence d'une nombreuse population ouvrière.
Les activités industrielles et touristiques sont même à l'origine d'un certain repeuplement des campagnes.

 

 

Le développement industriel et touristique

 

La centrale nucléaire de Paluel
 

Le Fond des communes avant la centrale
Fécamp n°3-4 1:25 000, IGN, éd. 1960
 

En 1960, l'emplacement de la future centrale n'est encore qu'une petite valleuse, autrefois exploitée en carrière de craie.
Le site, littoral sur une mer fraiche, convient bien à l'édification d'une centrale nucléaire, dont les besoins en eau de refroidissement sont énormes.
La proximité des industries de la vallée de la Seine assure d'importants débouchés à l'énergie produite.

 

La centrale nucléaire de Paluel
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

La construction de la centrale nucléaire de Paluel a démarré en 1975 et a duré 10 ans.
La valleuse a été élargie et recreusée pour mettre la centrale pratiquement au niveau de la mer.
Le platier rocheux a été creusé pour permettre l'arrivée de l'eau de refroidissement et un brise-lame a été mis en place.
Quatre réacteurs, bien visibles, sont au coeur de l'installation. Une route mène, sur le plateau, aux bâtiments administratifs.
Un centre de formation EDF a été installé, à gauche, près de la falaise.

 

La centrale EDF emploie aujourd'hui 1200 personnes, auxquelles il faut ajouter une cinquantaine d'emplois liés au centre de formation EDF et 400 à 500 personnes pour la maintenance. Elle a contribué au maintien de fortes densités locales. De nouveaux lotissements, inexistants en 1960, ont ainsi été installés à Saint-Sylvain. Les redevances versées par EDF aux collectivités locales ont enrichi les communes environnantes.

 

Un certain développement industriel

 


La zone industrielle de Cany-Barville
Cany-Barville 1:25 000, IGN, éd. 1989
 

Le développement industriel, sans être considérable, a tout de même permis l'établissement de nouveaux équipements, comme la zone industrielle de Cany-Barville, inexistante en 1960.
On peut supposer que la présence de la centrale nucléaire a permis une énergie à moindre coût et a favorisé l'implantation de nouvelles industries, probablement toujours liées à l'agroalimentaire.
Noter la présence des nouveaux lotissements individuels sur le versant oriental de la vallée, moins abrupt que l'occidental en raison de la présence de deux vallées sèches affluentes.

 
Un développement touristique ponctuel

 


Saint-Valéry-en-Caux
Saint-Valéry-en-Caux 1:25 000, IGN, éd. 1991
 

Comme la plupart des stations de la Côte d'Albâtre, Saint-Valéry-en-Caux souffre de plusieurs handicaps : une mer froide, un climat changeant, c'est-à-dire pluvieux et venteux, de "désolantes et abominables plages de galets" si l'on en croit Pierre Estienne...
Ces handicaps sont faiblement compensés par la proximité de Paris. Il est vrai que les falaises cauchoises ne sont que rarement échancrées.
Le développement touristique est donc resté très ponctuel.
La voie ferrée, qui amena jadis les touristes du week-end de Paris, est aujourd'hui délaissée au profit de l'automobile.
Le tourisme est celui d'une clientèle familiale locale, au mieux régionale, de passage pour la journée.

 

 

 

 


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